L'Aïkido, un art martial pour le XXI ème siècle

L'art de la paix

Le mot AIKIDO est composé de 3 idéogrammes :

 

- AI qui signifie unir, mettre ensemble, harmoniser ;

 

- KI qui correspond au souffle, à l’énergie vitale qui anime toutes choses ;

 

- DO dans le sens de voie, cheminement, discipline.

 

La traduction la plus commune d’AIKIDO est "voie de la réunion des énergies".

 

Le terme AIKIDO date de 1942 “voie de l’harmonie et de l’amour”, désignant une discipline martiale qui s’intègre dans le Budô, c’est à dire littéralement "voie des arts martiaux".

L'Aïkido est un art martial moderne qui puise ses racines dans différentes pratiques très anciennes. Maître Morihei UESHIBA suivait un courant mystico-martial  issu du chamanisme et du Shintoisme : l’homme aspire à éveiller la forme divine qui est en lui, son esprit divin (ou “Kami” personnel) par la pratique d’un Budô.

L’essence de la technique Aïkido repose d’après Me Ueshiba sur le principe de réunification de l’esprit et du corps aboutissant à la possibilité d’avoir dans chaque situation un nombre illimité de réponses. Me UESHIBA a consacré sa vie à faire la synthèse de différents styles dont le Daito Ryu est un des principaux, nourri par les diverses philosophies et religions, particulièrement l'Omoto Kyo qui laissera une profonde influence sur sa pensée. L'art d'O-Sensei ne cessa d'évoluer toute sa vie et jusqu'à sa mort, il ne cessa de pratiquer et de penser qu'il n'en était qu'au début de son évolution. Son exigence et la droiture de son esprit ont fasciné des personnalités de toutes les couches : des hauts dignitaires et responsables politiques, des artistes, penseurs et philosophes, des médecins, des hommes d'affaires influents, des sages et hommes de religion…et des maîtres en arts martiaux, souvent venus le défier…. Tous ont gardé de lui l'image d'un homme hors du commun dont les pouvoirs confinaient au surnaturel.

Après la défaite du Japon, son fils Kisshomaru a beaucoup œuvré pour diffuser l'Aïkido dans le monde. Actuellement, l'Aïkido est pratiqué partout dans le monde, et la France, où il a été introduit dans les années 1950, est particulièrement bien représentée dans cette discipline.

 

L'Aïkido arrive en France

La première démonstration d'Aïkido en France a eu lieu en 1951 à Paris lors d'un championnat Européen de Judo, par Maître Minoru MOCHIZUKI, élève à la fois de Maître Jigoro KANO en Judo et de Maître Morihei UESHIBA en Aïkido. Voici ce qu'il raconte:

"J’ai passé deux ans en France, j’ai beaucoup enseigné le Judo et seulement un peu d’Aïkido. Pendant mon séjour, le Championnat Européen de Judo se déroula. Il y avait une pause de trente minutes entre les demi-finales et les finales et quelqu’un me demanda si je pouvais faire une démonstration pendant cette interruption. Je trouvai six Judokas solides et les armai tant bien que mal avec un sabre en bois, un bâton, des manches à balais et tout ce que je pus trouver. Je leur dis de m’attaquer tous ensemble et que je donnerais un prix si quelqu’un arrivait à me toucher. Je leur avais demandé d’attaquer de toute leur force et ils le firent tous les six. Je fis irimi et  "Boum boum" les projetai tous."

Maître Daniel André BRUN fut l'un des six judokas qui participèrent à cette démonstration. "Pendant l'entracte d'une compétition, on nous a réunis en nous donnant des bâtons, des sabres, des balais et des tabourets, et on nous a dit : "Vous foncez sur ce type et vous attaquez tous en même temps !". C'est ce qu'on a fait. On a volé dans tous les sens et on a rien compris! On nous a dit : "c'est ça l'Aïkido". J'ai décidé de l'apprendre…" C'est à cette occasion que Maître BRUN découvrit l'Aïkido et qu'il décida sur-le- champs de l'étudier. L'année suivante, à la demande de Maître MOCHIZUKI, Maître Tadashi ABE arriva en France pour enseigner l'Aïkido et Maître BRUN devint son élève. Pendant 4 ou 5 ans, il se rendit à Paris toutes les semaines pour quelques heures de cours particuliers avec Maître Tadashi Abe, avec qui il devint ami. Il fut le premier à ouvrir un cours d'Aïkido en Gironde, à Bordeaux, et a beaucoup œuvré pour développer cette discipline en Aquitaine.

 

Si l'Aïkido appartient bien à la grande famille des arts martiaux, il s'en distingue par bien des aspects dont un des principaux est le refus du dualisme, de la compétition, de la victoire sur l'autre. La pensée philosophique de Maître UESHIBA prône l'unité, l'appartenance de tous à un même et unique univers : "l'Aïkido est amour" se plaisait-il à répéter. Mais il ne s'agit pas d'un discours à plaquer sur de la technique ; cette pensée du non-dualisme est inscrite dans les mouvements même de l'Aïkido.  Ma technique ne sera belle et efficace que si j'abandonne la volonté de vaincre l'autre. Pour que cela marche, il faut que j'accepte instantanément l'attaque de l'autre, que je fasse "un" avec l'adversaire, que je me fonde tellement en lui qu'il n'a plus personne à attaquer… Son attaque n'a plus d'objet, donc plus de combat possible ! Bien sûr, c'est un idéal que peu parmi les pratiquants arrivent à approcher ! C'est une voie longue qui demande beaucoup de patience et de persévérance, où il est facile de se perdre et de s'illusionner. Le seul véritable ennemi à combattre est en nous et s'appelle l'ego.

 

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